Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Comment survivre à la réunionite

    Imprimer

    A peine de retour de vacances et déjà votre agenda professionnel se remplit plus vite que son ombre. L’épidémie de réunionite frappe à nouveau le territoire et il vous sera difficile d’y échapper.

    Mais qu’est-ce que la réunionite exactement ?

    La réunionite est une maladie professionnelle provoquée par un abus de réunions douteuses, qui peuvent conduire à inventer des problèmes qui n’auraient pas existé autrement, sous le seul prétexte de se réunir et d’échapper à un vrai travail.

    A ce titre il faut savoir distinguer la bonne réunion de la mauvaise. Comment ? C’est une bonne question, qui fera encore longtemps les beaux jours de la recherche et qui a conduit à de nombreuses réunions et multiplication de comités de pilotage. Au stade actuel des avancées scientifiques, il semblerait qu’une bonne réunion permettrait de ne pas aboutir sur une nouvelle réunion tout de suite.

    Concernant la mauvaise réunion, on relève des cas, certes rares mais pas anodins, d’individus pris dans une spirale infernale qui les conduit de comités de pilotage en groupes de travail sans passer une seule fois par leur bureau au cours de la semaine. C’est d’ailleurs pour cette catégorie de salariés que le solitaire et l’iPhone ont été initialement mis au point. Pour les occuper et garder un lien avec le reste du monde.

    Quelques mesures simples vous permettront de passer l’année sans trop souffrir des maux provoqués par la réunionite. Qu’elles soient prophylactiques ou pour atténuer les effets de la maladie.

    Mieux vaut prévenir que guérir :

    C’est le meilleur remède. Eviter coûte que coûte la mauvaise réunion. Pour cela, il est nécessaire de la confondre, par une technique de questionnement assez simple. Cette maïeutique préliminaire devrait tuer dans l’œuf le projet de regroupement envisagé.

    Vous recevez un email de proposition de réunion. Premier réflexe, demander "pourquoi" ? L’instigateur de la missive sera, une fois sur deux, bien embêté. Il ne pourra décemment pas répondre qu’il ne le sait pas lui-même. Dès lors, l’absence de réponse clôturera le dossier. Pour quelques temps du moins. En effet, votre collègue ne pourra s’empêcher de vous relancer, à la manière d’une maladie cyclothymique.

    Si votre interlocuteur insiste après vous avoir répondu sur le pourquoi, demander un ordre du jour précis. La liste des participants. Un dossier synthétique. Dans l’hypothèse où toutes vos demandes auraient été satisfaites, vous pouvez accepter la réunion. A priori, vous n’y perdrez pas votre temps. Et vous aurez aidé un collègue à préparer sa réunion, il se peut même qu’il vous en remercie !

    S’occuper en comitologie :

    En dépit de votre vigilance, vous ne pourrez pas échapper à la réunion inutile. Soit parce que votre supérieur hiérarchique vous y a inscrit et convoqué d’office (le fameux, allez y faire un tour pour voir ce qui se dit ou se fait…), parce que l’instigateur est un filou et a su appâter le chaland, ou tout simplement parce que vous avez baissé la garde et n’avez pas su dire non.

    Ainsi, vous voilà coincé pour quelques minutes si vous êtes chanceux, pour quelques heures plus sûrement et vous n’en pouvez plus d’aligner carrés, ronds, triangles et losanges sur vos feuilles de prise de notes qui auraient du devenir un compte-rendu dont il ne restera qu’une date et quelques initiales.

    Plusieurs stratégies s’offrent à vous pour rendre ce moment moins désagréable et peut-être même utile :

    Apportez avec vous courriers, notes et autres documents que vous devez lire et auxquels vous devez donner une réponse. Vous avancerez dans votre travail et surprendrez vos collègues, qui à n’en pas douter, seront stupéfaits de vos étonnantes capacités à mener de front réunions, rédaction, organisation… De plus, le temps vous paraitra moins long, ce qui n’est pas négligeable… Il vous faudra cependant garder une oreille attentive, s’il s’avérait que l’on demande votre avis … Mais aucune inquiétude, c’est une aptitude qui s’acquiert très vite.

    Dans l’hypothèse où vous êtes assuré que personne ne vous sollicitera durant la réunion, pourquoi ne pas en profiter pour faire votre liste de courses, organiser vos prochaines vacances, écrire à votre vieille tante… Le temps perdu en réunion sera utilement gagné après la journée de travail, avec un temps libéré des petites tracasseries administratives quotidiennes.

    Transformez une torture en un moment unique et ludique ! Avec la complicité de compagnons de réunions, lancez-vous quelques défis : placer une liste de mots farfelus choisie d’avance au cours de la réunion tels que Zanzibar, gloubi-boulga, empapaouteur des sommets… Cette activité est amusante, et constitue un entrainement efficace à la rhétorique et fera de vous un as de l’à propos. Vous pouvez également, pour vous occuper et vous amuser, entrer dans le jeu des organisateurs de la réunion. Soyez grandiloquent ! Utilisez leur novlangue pour donner un point de vue aussi creux que leur pensée mais habillé des plus beaux atours de la science dite de la sodomisation des diptères qui fera son petit effet !

    Ces conseils ne sont pas exhaustifs et l’auteur de ce billet est preneur de vos anecdotes sur la réunionite aïgue.

     

  • Vous reprendrez bien un slide ?

    Imprimer

    Qui ne s’est jamais retrouvé dans une réunion, professionnelle ou publique, hypnotisé par une présentation en dix planches et vingt minutes pour se rendre compte mais bien tard qu’il n’y avait rien dans le fond si ce n’est une nette impression de s’être fait balader comme un bleu. C’est le syndrome Power Point.


    Si la cravate n’est plus l’accessoire indispensable du col blanc, nul ne peut plus sortir sans son power point! Peu importe la vacuité du propos, la forme prime sur le fond comme jamais. Pas une réunion sans que l’œil et la concentration ne soient irrémédiablement attirés par l’écran du rétroprojecteur.


    Une présentation Power Point, c’est le déroulé millimétré d’une argumentation qui ne cherche pas tant à ouvrir la discussion qu’à contrôler la réflexion, en l’orientant. Pour résumer la complexité, quelques points forts, des graphiques bien étudiés et des animations bien travaillés qui raviront les néophytes et rendront complice les experts de la fabrication du « slide».


    C’est d’ailleurs le complément indispensable de la réunionite ! Et avec le diaporama, il n’est plus demandé de présenter un projet mais de projeter une présentation. Où quand le moyen devient la fin…


    A ce jeu là, la compétence n’est plus reconnue à l’être pondérée, raisonnable, qui étudie en profondeur une perspective pour livrer tous les éléments nécessaires à la réflexion. C’est l’as de la souris, le roi du diaporama, qui gravit à toute vitesse les échelons !


    Power Point n’est pas mauvais en soi, mais il ne peut pas être le but ultime. Résumer la complexité du monde en quatre graphiques, c’est au mieux de l’inconscience naïve, au pire de la manipulation éhontée. Mais personne n’assumera de dire que le but est fixé d’avance et que le diaporama n’est là que pour faire coller la réalité à ce que l’on souhaiterait qu’elle soit. Si vous voulez repousser l’âge de la retraite, vous sélectionnerez les graphiques qui iront dans le sens de votre démonstration…CQFD


    Et un graphique, ça se modifie, ça se tord, ça se censure… L’utilisation de telle ou telle échelle masque des données, une couleur embellit ou assombrit une situation factuelle. Ce n’est jamais neutre.


    Vous me direz, mais c’est vieux comme le monde la manipulation ! Et vous n’avez pas tort ! Faire mouche par le discours, la rhétorique, le pamphlet en décrivant le monde à sa façon, c’est ce qui construit les petites histoires et les grands empires. Mais la force de Power Point réside ailleurs. Dans une prétendue objectivation des faits : le déroulé des planches ne permet pas de revenir en arrière, le spectateur est rivé sur l’écran, l’exposé devient un bruit de fond, l’esprit se laisse happer par l’aspect scientifique des choses, le sens critique semble annihilé.


    Par ailleurs, les slides se transférant à volonté, une erreur peut très vite devenir une référence commune : il n’est qu’à voir le nombre croissant de power point que nous recevons dans nos boites mails qui sont des collages parfois léchés mais dont le contenu peut être une démonstration à partir d’un tissu de mensonges. Rappelez-vous Colin Powell à l’ONU demandant l’invasion de l’Irak avec l’appui d’un power point et d’une fiole…


    Remarquez, Power Point, ça peut être aussi des animations très amusantes, un ersatz pour les nuls en graphisme ! C’est peut être là ce qu’il faut retenir de ce logiciel : utile, à condition de ne pas trop le prendre au sérieux…


    Source : Le Monde- Power Point c’est du cinéma

     

  • Tous à l'eau...

    Imprimer

    L’Homme est un loup de mer pour l’Homme. Juré, c’est la vérité, je l’ai vu de mes yeux vu. Bon, quand je dis de mer, ce serait plutôt de piscine mais c’est pour la beauté du mot, et ça revient presque à la même chose, au gout de javel près. Et franchement, vous auriez lu une chronique qui aurait commencé par l’Homme est un loup de piscine pour l’Homme ? Personnellement, et tout comme vous, je ne l’aurais pas fait ! On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre non ?

    Maintenant que vous y êtes, ne partez pas tout de suite et profitons-en pour chroniquer sur cet équipement que constitue la piscine -du point de vue de l’allégorie de la société humaine s’entend- : un monde impitoyable sous un vernis d’activité ludique, dans lequel règnent le paraître, l’esthétique et la performance. Un lieu où les regards s’échangent, inquisiteurs, interrogateurs sur le physique, le style et l’efficacité de la nage de l’autre, pourquoi lui ou elle et pas moi. L’esprit humain ne peut s’empêcher de comparer, même avec les meilleures intentions du monde.

    La piscine est à l’image d’une petite communauté humaine, il y a tous les âges, tous les niveaux, tous les physiques. Du sportif confirmé à la mamie qui vient pratiquer son aquagym, de la maman attentionnée au pervers qui vient reluquer avec lubricité, vous trouvez de tout. Et ce tout doit se partager quelques mètres cubes d’eau chlorée.

    Ainsi de l’athlète qui bouscule et écarte les eaux pour ne pas ralentir sa performance, des copines qui bloquent et provoquent l’embouteillage en se racontant tout et n’importe quoi sur toute la largeur de la ligne d’eau, de l’apprenti nageur qui coule sous vos yeux mais ne souhaite pas votre aide ou des jeunes ados qui sautent du plongeoir juste devant vous au risque de vous briser la nuque, le bassin est une aire de danger qui vous fait rapidement regretter d’avoir quitter la terre ferme.

    Mais pourquoi donc s’infliger une telle torture, le bruit, les yeux qui piquent, le ventre et les hanches qui sortent du maillot, la marques des lunettes, la tasse qu’on boit, la comparaison avec le bellâtre et la bombe sexuelle ou encore la vision d’une horde de fausses sportives venant se déculpabiliser de leur consommation de pains au chocolat en enchainant les figures ratées dans un cours d’aquagym ? Après tout, en restant bien au chaud à la maison, le non pratiquant s’évite les champignons entre les orteils, le rhume permanent, la rentrée toujours pénible dans l’eau, les cheveux qui fanent sous l’effet du chlore, la sensation désagréable du bouchon dans l’oreille dont on se ne débarrasse pas sans l’adoption de cette position ridicule du petit doigt dans le pavillon avec penchement de tête sur le côté pour tenter de briser la pellicule d’eau fautive…

    Les raisons pour y venir sont multiples et pas toujours avouables.

    Commençons par la plus simple : nager est un plaisir, sentir l’eau glisser sur la peau est une sensation incomparable qui doit nous renvoyer à ce temps plus ou moins lointain où le petit d’homme en devenir que nous étions se construisait entouré de liquide amniotique, un temps d’innocence, de chaleur et de quiétude.

    Ce n’est pas le sport le plus violent qui existe, quoi qu’un coup de palme ou de genou ne soit pas chose agréable. La natation vous nettoie sans douleur et avec des efforts limités d’une vie sédentaire trop stressante ou trop planplan. Pour ceux qui cherchent un aspect plus sportif, ils y trouveront également leur compte. Et avouons le, c’est moins barbare que la course à pied.

    Reste qu’il faut un peu de technique et d’humilité, quelques cours n’étant pas un luxe. Car il n’est rien de plus désagréable que la personne qui ne sait pas nager mais qui s’entête cependant à rester dans la ligne Crawl/Papillon. Soit elle est suicidaire, soit personne n’a jamais osé lui avouer la triste vérité : un chat jeté à l’eau aurait plus de grâce et d’efficacité.

    Pour les parents, la piscine est également un allié précieux. Comme le dit la sagesse populaire, ça creuse la mer. C’est également le cas pour le bassin de natation. Pour peu qu’il y ait autour des toboggans, une belle soirée tranquille s’annonce, les diablotins ne demanderont pas leur reste à l’heure du coucher. Une belle activité familiale, pas trop chère, qui ravira les petits et surtout les grands, vous en connaissez beaucoup vous ?

    Mais la piscine, c’est aussi pour les couples un lieu de réalisation de fantasme : qui n’a rêvé de faire des cochonneries dans les vestiaires à défaut de pouvoir les faire dans le bassin ? Demandez au personnel de la piscine où vous avez vos habitudes, ils auront, à n’en pas douter, quelques anecdotes croustillantes à vous conter.

    Et reconnaissons que pour ce sport de cabines, il n’est pas besoin d’être bon nageur…