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Defense de rire

  • Le brexit selon Jonathan Coe

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    brexit, angleterre, jonathan Coe, littératureEt si le Brexit n’était que le dernier acte de la déliquescence d’un empire anglais moribond depuis des décennies… Et si le Leave, une fois déclenchée par mauvais calcul politique ne pouvait être qu’inéluctable parce qu’il est l’expression d’un mouvement de fond ? 

    C’est ce que Jonathan Coe tente de nous démontrer dans son dernier roman, Dans le coeur de l’Angleterre (Middle England), plongeant le lecteur dans une description d’un Royaume (dés)Uni qui n’existe plus et d’une Angleterre à la limite de l’explosion entre ses composantes et ses individus.  

    A la lecture de ce roman passionnant, nos idées sont largement bousculées et il y a matière à se pencher sur nos propres situations nationales.  

    C’est aussi les retrouvailles avec des personnages de deux précédents romans ceux du tter’s Club et The Closed Circle, que l’on voit évoluer depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui, tryptique magistrale sur l'évolution de la société anglaise et plus largement mondiale de la société contemporaine. Des illusions de la jeunesse au brexit en passant par le long déclin britannique, sans oublier les dégâts du Thatchérisme et le mirage non moins destructeur du blairisme, on découvre qu’il y a quelque chose de pourri au royaume d’Elisabeth. 

    Mais autant qu’une chronique anglaise, c’est une chronique du monde qui est tenu, quand la fiction permet d’appuyer sur une réalité qui fait mal, dans un portrait sans concessions. 

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  • Pour un effondrement joyeux...

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    “After one look at this planet any visitors from outer space would say : I want to see the manager” William S. Burroughs (1993). “The Adding Machine: Selected Essays”, p.125, Arcade Publishing

    collapsologie,effondrement,resilience,servigneC’est un fait, toute une littérature de l’effondrement est apparue ces dernières années. La collapsologie est en vogue et à la différence de notre civilisation, n’est pas près de s’effondrer. C’est pourtant une littérature ancienne, même si désormais elle est étayée scientifiquement et qu’Armageddon n’est plus une force immanente, mais bien l’Homme lui-même. Noé est d’une certaine manière le premier des collapsologues ou collapsonautes mythiques, lui qui devant le caractère inévitable du déluge s’est préparé à pouvoir passer entre les gouttes si l’on peut dire.

     

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  • L’odyssée des sans-nom et des sans-visage

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    Chronique publiée sur https://dmpvd.wordpress.com/2019/07/24/lodyssee-des-sans-nom-et-des-sans-visage/

    BD, chronique, toulmé, hakim, odyssée, syrieDes milliers de morts, c’est une statistique, une victime, c’est une catastrophe. L’adage se vérifie fréquemment, et pour la compréhension d’une tragédie, il faut souvent partir d’une trajectoire individuelle. C’est toujours par la petite histoire que la grande histoire se comprend et s’écrit.

    La crise des réfugiés, pour ce qui relève de la partie syrienne – mais la mécanique est presque identique sur tous les points du globe –, est une catastrophe que l’opinion n’arrive pas à saisir complètement : c’est un écho lointain, chiffres à l’appui, en fin de journal télévisé, ce ne sont plus des femmes et des hommes, mais seulement une catégorie gazeuse, les migrants, que certains imaginent comme une horde venant faire le siège de leur pays.

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  • Le lambeau ou chronique de la reconstruction

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    chronique,lambeau,lançon,reconstruction,crise,dépressionLa vie nous apprend que nous ne sommes pas immuables. Nous sommes même le changement permanent. Cela se constate physiquement mais c’est tout aussi vrai intérieurement, et même plus profondément que notre enveloppe corporelle. Notre moi intérieur évolue, au gré des ans et des circonstances, aussi surement que notre peau se renouvelle chaque heure, chaque jour… Même pour des personnes dont le quotidien est identique d’un jour à l’autre, ces changements opèrent, dans des proportions certes homéopathiques, mais néanmoins réels. Nous ne sommes jamais tout à fait une personne différente, ni tout à fait le même individu que nous étions précédemment et que nous serons demain.

    Il y a des évènements qui viennent bousculer, précipiter, accélérer ces changements, par implosion, blessures, traumatismes intérieures ou extérieures. Soit que l’enveloppe ne convienne plus, au fond nous sommes des serpents ou des homards qui doivent muer de manière continuelle, soit que cette enveloppe, et ce qu’elle contient, soit particulièrement atteinte.

    Vous entrez dans certaines périodes de votre vie comme un accélérateur de particules ou une grande lessiveuse, c’est une question de point de vue et de bosses ressentis au cours de la séquence.

    De ce point de vue, le lambeau de Philippe Lançon est une étude magistrale sur ce qui se joue en nous, sur cette identité en permanence reconstruite, cette réappropriation sans fin de ce que nous sommes. Récit autobiographique, il ne porte pas tant sur l’attentat de Charlie Hebdo dont Philippe Lançon est un des rares survivants que sur les conséquences de celui-ci sur ce qu’il était, est, puis devient.

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  • Arrêter de pédaler...

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    contemplation.jpgPédale, encore et toujours, ne pense pas, ne t’arrête pas. C’est aujourd’hui le mode de vie que l’on nous promeut, mieux, que l’on nous enjoint. Travaille, consomme, abrutis-toi mais surtout ne regarde pas qui tu es… 

    Homo sapiens autant que le monde s’inscrit dans une course folle, pour attraper on ne sait quel rêve d’avenir sans même regarder ce qui l’entoure, de vivre son présent. 

    L’auteur de ces lignes ne déroge pas à ces règles, pédalant encore et toujours, par peur de tomber en s’arrêtant et incapable de reprendre sa route. Mais la chaîne déraille parfois. 

     

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