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Contrat de confiance

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confinement, castex, responsabilité, complot, 13 novembreTant va la cruche à l’eau qu’elle finit par croire au complot, même si la connerie explique bien plus surement la réalité qu’une grande théorie de manipulés.

Mais si la théorie du complot prospère, si la rumeur se répand comme une trainée de poudre, ce n’est pas seulement une histoire de puissance des réseaux sociaux propre à la diffusion de l’idée d’une grande conspiration.

L’infantilisation et la culpabilisation du peuple par les gouvernants conduisent à faire de mauvais montages vidéos des vérités possibles. En refusant un débat serein et réel, au-delà des plateaux de chaine TV d’info et d’un obscur conseil de défense, sur la gestion de la pandémie, tout en laissant ce qui n’est pas qu’une impression de navigation à vue, l’exécutif ne fait que renforcer un sentiment de sédition des élites contre le reste de la société.

Il y a même une indécence dans le « faites ce que je dis pas ce je fais », quand le discours moralisateur est suivi d’actions fort peu compatibles avec les mesures d’urgence sanitaire prescrites. Le dernier exemple est l’intervention du gouvernement en conférence de presse le 12 novembre (circulez, il n’y a rien à voir, rester chez vous) et le tour de Paris du grand cirque politique et médiatique pour commémorer les attentats du 13 novembre. Si la commémoration est nécessaire, impérieuse dirions-nous, c’est un déplacement de foules irresponsables si l’on suit le discours du gouvernement (pour un bout d’image et de communication en ouverture des journaux, ce sont des conseillers, des forces de sécurité, des journalistes, bref des centaines de personne qui se déplacent et s’agglutinent) que les cases de l’attestation ne prévoient pas (sont elles seulement remplies ? le grand cirque est il d’ailleurs contrôlé et soumis à l’amende de 135 € ?) et qui constitue un pied de nez pour ne pas dire un doigt d’honneur au sens des responsabilités des français. Les commémorations auraient pu être et adaptées et plus photographiquement discrètes (c’est bon les gars on me voit sur la photo ? on me reconnait derrière le masque ? Super, je vais pouvoir twitter et publiciser que j’y étais et que j’oublie pas et toussa toussa…). On les tient les clusters de la connerie.

Bref tant qu’un débat large, incluant toute la société ne se tiendra pas, sur le choix des mesures, sur les populations à cibler, sur qui seront les débiteurs de la crise qu’il faut financer, tant que la responsabilité des élites qui se sont succédées depuis 30 ans dans le démantèlement du secteur hospitalier ne sera pas sanctionnée, la défiance ne fera que prospérer.

La confiance se construit et se donne dans les deux sens, et faire appel au sens des responsabilités passerait d’abord et avant tout dans la participation à la délibération de la population. Une pandémie et une crise économique sont des choses trop sérieuses pour les confier exclusivement à des spécialistes de ces questions, il faut prendre la hauteur de vues des enjeux tout en les confrontant à la réalité vécue au quotidien par les français.

Et traiter ceux qui plongent tête la première dans les théories du complot d’écervelés, c’est oublier bien vite les défaillances de responsabilité et de clarté dans la gestion de ce merdier.

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