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triple a

  • Marabout et bout de ficelles…

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    Depuis quelques semaines, usant de ficelles grossières, la majorité tente un va-tout pour réaliser le programme qu’elle s’est assignée, à savoir la libéralisation totale des rapports économiques et sociaux, par une destruction méthodique des systèmes garantissant protection et sécurité sociale de tous, dans une politique de terre brûlée avant une éventuelle défaite ou pour réaliser une victoire par l’absurde.

    La majorité UMP est prête à faire boire une potion digne du Consensus de Washington aux français, Consensus de Washington qui a eu le succès qu’on lui connaît, c'est-à-dire mettre à terre toutes les économies, en particulier d’Amérique du Sud, où il a été appliqué dans les années 80-90, ce qui n’a pas l’air d’inquiéter plus que cela les apprentis sorciers de l’UMP qui n’en finissent plus de psalmodier avec une mauvaise assumée que les congés payés du Front Populaire et les 35 heures de la gauche plurielle constituent une sorte de péché originel, cause de tous les malheurs du monde en général et de la France en particulier.

    Si la gauche française peut s’enorgueillir d’une telle puissance qui lui est prêtée, à deux doigts de changer l’eau en vain, le mensonge est grossier. Mais selon la formule plus c’est gros, plus ça passe, la clique du Fouquet’s a donc décidé d’aller jusqu’au bout.

    Les cadeaux fiscaux ont creusé les déficits, le travail est devenu chose rare au point qu’il est expressément demandé d’élargir les conditions de mise en chômage technique, la droite est au pouvoir depuis 10 ans ( et 39 sur les 57 ans de la V° République), mais qu’importe, il en faut plus. Si ça n’a pas marché jusqu’ici, c’est qu’on est pas allé assez loin. Ce qui n’est pas sans inquiété le chroniqueur que je suis : les Schadoks ont pris le pouvoir, le Président fait sienne les formules si absurdes des charmantes bébêtes stupides.

    La perte du triple A, hier prémices de l’Apocalypse, se transforme en faire-valoir : C’est pas ma faute à moi, c’est la rigidité qui tue, rendez-vous compte, on n’est pas compétitif. Si ce sont les agences qui le disent…même si le Président insiste pour rappeler que c’est lui le patron et que les agences, il leur rappelle : cassez-vous pov’connes.

    La puissance médiatique déployée pour relayer la bonne parole gouvernementale est impressionnante bien qu’attendu. Bourrer le crâne coûte que coûte aux péquins moyens et pas que. Travaillez plus pour gagner moins, ça doit marcher vu que travailler plus pour gagner plus n’est pas un franc succès.

    Le problème est que les autres voix ont du mal à se faire entendre, pensant qu’une phrase au JT de 20 heures suffira… Et ça, la majorité le sait : les syndicats n’ont plus de prises sur les salariés, ils auront beau jeu de protester. Les partis de gauche ayant arrêté le porte à porte, qu’un affaiblissement militant et la généralisation des digicodes ont rendu possible, ils ne sont plus entendus et compris par les citoyens. La bataille culturelle, à moins d’inverser la vapeur est perdue.

    Devant cette entreprise de grande ampleur que réalise l’UMP, grand bien ferait à la gauche de se replonger dans les fondamentaux, en particulier Gramcsi et la question de l’hégémonie culturelle. L’électeur n’est pas plus con qu’un autre, mais à force de se voir servir la même soupe, il ne soupçonne plus qu’il en existe d’autres… Il a besoin de contact l’électeur, il faut aller lui parler directement. Le tract dans la boîte aux lettres, il le jettera pour conserver les promos de la semaine à l’hyper du coin (la question de son pouvoir d’achat, il y tient). Le marché, il n’y va pas, c’est pas la peine de l’attendre en embuscade tous les samedis matins, à cette heure-ci, il est chez Lidl. Non, ce qu’il veut l’électeur, c’est qu’on lui parle directement, face à face, au seuil de sa porte, que son entrée soit son agora. Il a même un verre à offrir si on lui apparaît sympathique… Mais en attendant, il regarde la télévision… Et il reprend sa soupe de grosses ficelles…