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  • Et le triple A de la connerie est décerné à...

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    Nicolas Sarkozy est impayable… c’est le plus grand fraudeur politique des trente ou quarante dernières années. Il vole et détourne le panthéon national sans vergogne, Guy Moquet en 2007, le Conseil National de la Resistance en 2011.

    Il invoque les mânes des pères fondateurs de la sécurité sociale pour stigmatiser les ennemis de l’intérieur, les traitres à la nation : le voleur de poules moderne, le fraudeur aux minimas sociaux… celui-là même qui va grappiller honteusement 500 € par mois, qui va bien entendu faire des enfants pour toucher des allocations (quel bénéfice, un enfant pour quelques centaines d’€ par an… quel esprit d’entreprise). Un individu qui est capable de vivre au crochet de la société pour la somme mirifique, astronomique de 500 € par mois, et qui est capable de faire quelques heures supp’ au noir pour arriver à vivre avec 1 000 € par mois ! Scandaleux ! Comment osent-t-il ? Rendez vous compte, c’est 3 milliards d’€ par an… Tout de suite le chiffre en impose ! C’est une mafia, 3 milliards d’€. Ça en fait des nuits de palace à Cannes une somme pareille ! N’en jetez plus, nous l’avons le bouc émissaire, l’origine du mal de notre temps, c’est le fraudeur social…

    D’ailleurs, la crise de l’Euro, la crise de la dette, la crise économique, c’est lui. Haute trahison, le terme est presque lâché…

    Et tout de suite, les conversations de café du commerce, il a raison, à bas le fraudeur, salaud de pauvre ! On vole le pain des français, des travailleurs, des petites gens.

    Nicolas Sarkozy est un prestidigitateur… pas un bon magicien, mais son public n’est ni très regardant, ni exigeant…

    Le déficit de la sécurité sociale, toutes branches confondues, devrait se situer à 18 milliards d’€ en 2011. Les trois milliards de fraude aux prestations n’expliquent pas tout. En revanche, la fraude aux cotisations sociales, c’est 8 à 15 milliards d’€ par an... Tiens, ce ne serait pas une trahison de ne pas s’acquitter de ses impôts par hasard…deux poids, deux mesures… Sans compter les allégements de cotisations ciblés dont la pertinence économique est remise en cause aussi bien par la cour des comptes que par certains élus de la majorité présidentielle…mais ils doivent être un peu gauchistes sur les bords…

    Pour le déficit de l’Etat, qui avoisinera les 95 milliards d’€, le bouc émissaire est vieux comme les déficits et les budgets de l’Etat : Homo fonctionnarius, branche de l’humanité qui aurait une pilosité accrue de la paume de la main et serait à elle seul à l’origine de tous les maux de la civilisation… ça marche, il suffit de le livrer en pâture pour éteindre tous les feux de la contestation : si le déficit est si important, c’est à cause de lui : il coûte cher à l’Etat et il se reproduit comme un lapin dans les collectivités territoriales… la loi TEPA, les heures supp’ défiscalisées, aberration économique s’il en est, les baisses d’impôts, les niches fiscales, les dégrèvements, les voyages, le four à pizza d’air Sarko one, les sondages de l’Elysée, les sorties spectaculaires du président non, tout cela compte pour du beurre ! le seul coupable, c’est le fonctionnaire et l’ancien fonctionnaire, il coute si cher…

    L’argument ultime du Garcimore de la politique n’est plus très loin : ma bonne dame, voyez les prélèvements, ils sont les plus élevés d’Europe, du monde, tenez même que je vous parie de l’univers et même au-delà… En Allemagne, ils ont fait plein d’efforts, regardez les maintenant comme ils se portent…

    Oui, l’Allemagne a tondu les allemands en comprimant les salaires et en taillant dans les programmes sociaux…pour vendre aux européens qui avaient encore de l’argent pour acheter…L’Allemagne demande maintenant que les autres pays européens prennent la même potion magique qu’elle…bilan, il n’y aura plus d’acheteur…plus de croissance…et toujours plus de déficits…

    Mais expliquer ça à l’opinion, c’est compliqué…stigmatiser les copains du Fouquet’s, c’est difficile, se mettre à dos ceux qui vous invitent à droite à gauche c’est gênant. Caresser le con dans le sens du poil, c’est plus rentable politiquement à court terme…

    S’il y a un triple A que le président actuel conservera, c’est bien celui de la connerie…en plus d’être une triple buze…

  • Chronique d'un néo-breton, épisode 15 : des préjugés sur le breton...

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    Les préjugés sont tenaces, ils alimentent les discussions de comptoirs, les blagues éculées, et permettent à tout un chacun de se différencier en se définissant par ce qu’est l’autre. Ainsi le Belge serait un peu lent du cerveau, le Corse adepte du poil dans la main, l’Alsacien un peu trop allemand sur les bords, le Provençal mafioso par définition. Le Breton n’échappe pas à cette imaginaire populaire et pour tout dire, il cumulerait même plusieurs tares : alcoolique comme un chti, cul terreux comme un irlandais, avare comme un auvergnat et têtu…comme un Breton. En un mot, il est pas comme tout le monde.


    Le néo-breton se doit de rétablir une vérité que son expérience apprend à découvrir chaque jour. Au risque de paraître partial et subjectif, cette vérité ne s’appuyant sur aucune vérité statistique si ce n’est quelques chiffres glanés ci et là au détour d’une conversation de comptoir.


    Dans cette terre lointaine, cette presqu’île accrochée au continent eurasiatique, l'environnement a forgé une culture et des caractères. Que la vie soit terrienne ou nécessite d’avoir le pied marin, elle était dure, et même carrément vache à l’occasion. Essayez de faire pousser des cultures sur une terre granitique, acide, pauvre, détrempée… faut se lever tôt le matin, travailler dur pour un résultat aléatoire. Sur les côtes, la pêche a également forgé une histoire bretonne. Si les armateurs, propriétaires des bateaux ont su se construire des fortunes que l’on retrouve dans le faste des maisons bourgeoises et autres manoirs le long des ports, pour les marins et leurs familles, la mer était synonyme de métiers mal payés, où les risques sont quotidiens et la mort omniprésente. Ajoutez à cela de longues journées de pluie, l’éloignement géographique et vous comprenez comment certains caractères sont entrés dans le patrimoine culturel breton.


    Ainsi, le breton n’est pas alcoolique par nature. C’est la contingence, l’environnement pour ne pas dire la civilisation, qui font monter ses gammas gt. Est-ce sa faute si l’eau est si chargée de nitrates que seul le cidre lui permet de survivre sans s’intoxiquer ? Que les jours de pluie sans fin provoquent une répulsion de H2O ? Que la bière locale est si bonne ? Non, soyons sérieux. Le breton est la victime, très consentante, de mère nature.

    Idem pour son avarice, particulièrement prononcée en pays bigouden paraît il. C’est bien l’histoire qui a conduit les Bretons a ce comportement de thésaurisation. Des récoltes aléatoires, des filets vides ramenés au port incitent à jouer à la fourmi plus qu’à la cigale. Et quand bien même le breton le voudrait, il n’arriverait pas dépenser plus qu’il n’a : la galette n’est jamais meilleure qu’avec des ingrédients simples, elle se marie difficilement avec le caviar. Même le homard est donné à la criée, impossible de se la jouer bling-bling.


    Mais avarice n’est pas radinerie. Le breton est généreux. L’Eglise vous le dira. Enfin était. L’Eglise vous le confirmera également. Si dans les affaires religieuses, le breton est moins prodigue de nos jours, pour le reste, il sait ouvrir son porte-monnaie, son toit et même parait il son cœur de granit.


    Ce qui nous amène à évoquer, en parlant de roche dure d’un défaut souvent reproché au breton : il serait têtu. Une tête de pierre. Un menhir à la place du crane. L’avis du chroniqueur en la matière est plus nuancé. En face d’un breton qui ne reconnaît pas que j’ai raison, je le qualifie volontiers de têtu, mais l’honnêteté me fait reconnaitre que certains, certes peu nombreux, acceptent d’emblée que je sois dans le vrai.

    Mais si la détermination est une qualité, alors oui, la légende a un fond de vérité. L’esprit d’entreprise existe, avec un grain de folie qui passe pour du génie si le succès est au rendez-vous. Il faut avouer que personne, hors de Bretagne n’aurait mis un Kopeck sur une boisson nommée Breizh Cola dont le slogan est la boisson du Phare Ouest. Que rendre fun une région avec comme ambassadrice une vieille bigouden nourrit à la motte de beurre était un pari osé. Le breton pense avoir raison en dépit des autres et ce défaut en devient une qualité.

    Mais pour le reste, dans la réalité, le breton est loin de cet être têtu, borné et radical. Au contraire, la Bretagne est une terre où le consensualisme est un dieu, et le compromis, son prophète. A condition de ne pas attaquer la Bretagne. Car là, vous ferez l’unanimité contre vous. Preuve éclatante d’un consensualisme jusqu’au boutiste…