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  • Chroniques d’un jeune parent, de l’esclavage légalisé comme mode de vie… épisode 1

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    Chroniques, humour, jeune parent, fatigue, journée de dingue, matrix, dormir, vie socialeÊtre géniteur fait peser quelques responsabilités et  emporte quelques sacrifices, plus ou moins long dans le temps, dans l’espace et en intensité.

    Autant ne pas tourner autour du pot et l’annoncer tout de go : la prime enfance, de la maternité à la maternelle est une sorte de mise entre parenthèses plus ou moins avérée de la vie sociale, intellectuelle et autres. En effet, le petit d’homme, dans ses premiers mois s’apparente plus à un suceur de sang des Carpates qu’à un modèle réduit d’homo sapiens sapiens. C’est cruel mais la vérité est là.

    Vous aimiez jouer d’un instrument de musiques, voir tous les films qui sortent au cinéma, vous préparer à péter le chrono lors de votre prochain marathon, faire la java tous les weekends, la liste est longue comme le bras et dépend de chaque individu… Autant être honnête, il va falloir faire son deuil de cette douce existence… Comme dirait Lawrence Fishburne à Keanu Reaves dans Matrix Welcome to the real world

    Premier facteur qui réduit à néant les velléités de faire comme si de rien n’était et de poursuivre sa vie d’avant, c’est bien entendu la fatigue, comme évoqué dans une précédente chronique. Sous la barre du mètre, le petit humain aspire toute l’énergie qui se trouve dans son rayon. Un trou noir qui transforme le parent en zombie, ce dernier poursuivant dès lors un seul objectif : dormir, faire la sieste, se reposer, roupiller, rejoindre les bras de Morphée, se lover dans sa couette, glandouiller sur le canapé. Bref, ne rien faire, fermer les yeux et sentir la chaleur des paupières sur la pupille.

    A ce tarif-là, en fin de journée, il ne reste comme énergie qu’à peine de quoi comater devant le la télévision, en choisissant le premier programme venu. Pire, vous en venez même à trouver TF1 agréable (traduire, abrutissant, ne faisant pas réfléchir, donc reposant). Seule une activité nécessitant une passivité totale trouvera grâce aux yeux de parents exténués qui n’ont pas chômé depuis le matin.

    Car nous touchons là le fond du problème : dès potron-minet, le temps file à toute vitesse. Du matin au soir, les temps de respiration sont rares, pour ne pas dire inexistants. Un mot devient familier du vocabulaire de tous les jours : l’intendance. Et plus exactement, assurer l’intendance…qui consiste à bouffer le temps libre qui existe en dehors de l’activité professionnelle…c'est-à-dire toute le reste du temps… 6h30, lever, petit-déjeuner, séquence habillage, pour les uns et les autres, dépose des enfants, ne pas se mettre en retard au travail…Pause du midi, rapide, trop rapide, cause de malbouffe et provoquant moult ennuis gastriques, pour pouvoir sortir tôt, et recommencer le marathon familial : récupération des enfants, nettoyage des enfants (traduire douche ou bains), préparation du repas, repas, jeux, histoires, chansons, coucher, l’enfant ne veut pas dormir, le ton monte crescendo, la bataille feutrée pour qu’il s’endorme commence, elle va durer plus ou moins longtemps selon le modèle et le facteur pleine lune. Victoire, enfin !

    Mais vous regardez l’heure, il est 22 heures, vous pleurez. Merde, déjà… Vous aimeriez faire un petit quelque chose pour entretenir l’illusion que vous n’êtes pas tombé en esclavage mais un choix cornélien se fait jour, ou plutôt nuit : la raison voudrait que vous alliez dormir, vos paupières sont lourdes, mais l’esprit ne peut s’y résoudre, au prix d’un manque de sommeil qui rendra la journée du lendemain encore plus difficile…

    Mais il ne faut pas croire que cela va en s’arrangeant le weekend… Vous ne le saviez pas avant mais vous le découvrez rapidement, l’activité professionnelle a cette vertu qu’elle est somme toute reposante à côté de ce qui vous attend les samedis et dimanches… (à suivre)