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ordonnance

  • (Carte de) Voeux

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    La carte de vœux vit avec son temps, et de papier, elle est devenue électronique. Le progrès qui permet l’envoi massif, prévient la crampe du poignet et désincarne le message. Plus besoin de personnaliser le message, à l’ère du mainstream et du copié-caché-carbone, il suffit de balancer à son listing de mail le mot ou la carte électronique. Au final, une opération de spam de grande envergure basée sur les meilleures intentions du monde.

     

    La loi d’airain de l’économie s’applique aussi aux cartes de vœux, tout ce qui est abondant se déprécie. C’est triste. Même les vœux n’ont plus de valeur, ou si peu. Et ça, le quidam l’a compris : la carte papier se maintient et mieux, elle progresse. L’humanité n’est pas totalement perdue, le sursaut est possible, la carte de vœux tendrait à la prouver. Ou pas. Il y a plus surement la recherche d’une authenticité et d’une attente de réciprocité : n’y a-t-il pas plus de joie à recevoir une lettre par la poste que d’entendre la sonnerie de son smartphone signalant l’arrivée d’un nouveau mail ?

     

    Mais le drame survient inévitablement : sevré d’écriture manuelle à force de ne taper que sur un clavier, avec correcteur orthographique, Homo Sapiens se trouva fort dépourvu quand l’instant fatidique fut venu. Comment tenir le stylo, comment ne pas écrire comme un chacal, dans un style que même un médecin réprouverait, profession dont la spécificité conférait un prestige inégalée, des ordonnances illisibles, que seuls des pharmaciens savaient déchiffrer après cinq ou sept ans de longues études. Mais voilà, tout se perd, l’ordonnance elle-même est devenue électronique, et le métier de pharmacien est contesté, le patient, armé de l’argumentaire des forums (à la maîtrise du français douteuse), se fait inquisiteur et soumet à la question aussi bien le médecin que l’herboriste, maintenant qu’il peut lire l’ordonnance tout seul.

     

    Bref, plus grand monde ne sait tenir un stylo et s’en servir, les américains, précurseurs comme toujours, étant prêts à abandonner l’écriture cursive, si ce n’est pas le signe de la fin des haricots ça, je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus.

     

     

    Tout ça pour dire, au final, que pour la nouvelle année, à défaut d’une carte de vœux, une chronique pour vous souhaiter 365 jours de santé, de bonheur, de plaisir littéraire et de réalisation de vos envies !