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En voeux-tu, en voilà...

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Janvier, la nouvelle année, la première aspirine au petit matin du jour de l’an et les cérémonies de vœux qui se succèdent à un rythme effréné pour s’arrêter brusquement et symboliquement au 31.

Vieille tradition que l’avènement de YouTube et autres pourvoyeurs de vidéo en ligne sont en train de remettre au goût du jour dans une ambiance potache et même carrément kitsch dans certains cas. Les concours de vœux les plus ringards se succèdent, offrant là une tribune à peu de frais à d’illustres inconnus, qui par la magie du web, buzzent comme jamais ils n’auraient  pu l’imaginer! La gloire et la honte assumée dans le même temps, une année qui commence en accéléré pour les nouvelles stars.

La cérémonie des vœux c’est également cet instant magique au cours duquel le serre pince est porté à son paroxysme. Pas un maire, un président de conseil général ou d’association qui ne multiplie les rencontres avec ses électeurs-partenaires-adhérents…Une débauche de petits fours, de champagne et autres attrape-gugus.

Tout le monde hurle après le coût exorbitant de ces sauteries mais personne ne souhaite être laissé sur le bord de la route quand vient le temps des cartons d’invitation. Si une psychologie des vœux existait, elle serait croustillante de ce point de vue-là, et montrerait le paradoxe du cerveau humain, faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Plus prosaïquement, c’est à l’occasion de ces cérémonies que l’on peut assister à des scènes d’anthologies. Ainsi de ceux qui viennent là pour se faire un repas à l’œil, en se goinfrant sur place à s’en faire péter la panse tout en versant dans le sac de madame tout ce qu’il est possible d’y mettre pour le repas du lendemain, dans un sac plastique préalablement prévu à cet effet. La rapine des vœux est une action préméditée dans laquelle certains sont devenus de vrais professionnels : du repérage du buffet en passant par le placement stratégique pour être au plus près des tables lorsque les hostilités seront lancées à la fin du dernier discours, rien n’est laissé au hasard.

Les vœux, c’est encore l’occasion de voir le roi, sa cour, les obligés, les intrigants, bref tout ceux qui doivent ou souhaitent s’y faire voir, pour exister, demander une faveur, ou tout simplement jouer. Car c’est un jeu d’acteurs complexe se déroule sous vos yeux. Une oreille distraite laissée ici ou là vous donnera plus de renseignements sur les personnes présentes et les rapports de force qu’une étude commandée au contre espionnage. L’alcool aidant, les langues se délient, les confidences se font plus nombreuses…

Lors de ces sauteries, de délicieuses scènes se dérouleront dans les arrière-salles, les couples illégitimes et fugaces profitant de quelques minutes de liberté pour se retrouver…et ainsi alimenter les rumeurs et les anecdotes que chacun se rappellera tout au long de l’année…

Pour quelques uns, ces buffets seront l’occasion de s’imaginer dans une soirée de l’ambassadeur. Se faire servir une coupe de champagne, se voir proposer un petit four, c’est la jubilation et le point d’orgue d’une année terne qui s’annonce. Au point d’en devenir ridicule dans le meilleur des cas en se la jouant coupe choucroute, mocassin et chaussette blanche de sport de mauvais gout ou carrément méchant avec une condescendance particulière pour le personnel de service alors que l’on pourrait très bien être à leur place. Le petit soldat qui joue au tortionnaire quand il est caporal d’un jour, humain, trop humain et pas si inhabituel que ça en ces lieux.

Vous savez désormais comment démarrer l’année sur les chapeaux de roues, scientifiquement, en observant une cérémonie des vœux, pour une bonne tranche de rigolade. Et n’ayez pas peur pour le carton d’invitation, lisez la presse locale, vous pourrez trouver votre bonheur…

http://www.lepost.fr/article/2011/01/09/2365032_en-voeux-tu-en-voila_1_0_1.html

 

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