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Les dieux du stade sont des hommes comme les autres

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maradona,dominici,mort,olympe,génie,dépression,toxicomanieCoup sur coup, deux idoles sportives s’en sont allées et qui pour des raisons différentes ont été des sources d’inspiration tant pour l’auteur de ces mots que pour des générations entières.

Au-delà des qualités sportives qu’ils exprimaient sur les terrains, qualités hors du commun pour Maradona et souvent brillantes pour Dominici, c’est leurs trajectoires d’hommes, dévorés de démons intérieurs, qui d’une certaine manière donnent de l’épaisseur à ces personnages.

Entre ombres et lumières, succès et décadence, ces deux individus ont été loin de l’image lisse que l’on impose dans l’imaginaire collectif de ce que doit être un héros (finalement, la légende de Zidane serait elle aussi puissante sans son coup de tête ?).

Avec du talent à l’état pur pour l’un, une force de travail titanesque pour l’autre, les deux sont sortis de leurs conditions pour frôler les cieux de l’olympe sportive, régalant les spectateurs de leurs éclairs de génie.

Mais ils étaient entiers avec leurs fêlures, leurs blessures, leurs démons.

Des héros plus proches de la noirceur d’un Batman que de la toute-puissance d’un Superman indestructible.

Ainsi d’un Maradona, un talent miraculeux à l'état pur, qui s’est fait manger par les petits cochons, entre mafia napolitaine et poudre blanche, dont il a peut être discuté avec son ami Pablo en le visitant à la Cathédrale, la prison 5 étoiles d’Escobar en Colombie. Comme un George Best, l’extraction de la pauvreté a eu pour contrepartie un prix élevé, celui d’un processus de destruction du corps et parfois de l'esprit. Il est devenu une caricature, entre engagements gauchistes réels mais roublardises et relations suspectes avec des gens fort peu recommandables, toxicomanie et parole sacré de l’ancien génie, que nous aimions sans nous leurrer et que nous détestions parfois mais toujours avec indulgence.

maradona,dominici,mort,olympe,génie,dépression,toxicomanieDominici, c’était une sensibilité à fleur de peau, un clown triste que le rugby avait sauvé, pour un temps, mais le bonheur, ce n’est pas seulement la réussite, c’est une disposition intérieure, une paix que nous n’atteignons pas toujours, tout le temps. Un homme capable, dans un milieu où le surhomme est censé être la figure majeure, viril, déterminé, d’exprimer son état dépressif, de dire que l’on peut sembler avoir tout mais que son propre monde intérieur peut être un chaos sombre.

Ces deux personnages montraient que la réussite ne fait pas tout, que l’on peut avoir des fêlures, que potentiellement nous en avons tous, qu’il faut vivre avec et si possible ne pas se faire avaler tout cru. Les héros n’existent pas ou plutôt ils sont toutes les facettes de l’humanité, renouant avec le héros grec, toujours aux prises avec les méandres du destin et avec leurs propres démons (colère, jalousie, peur…).

Ces personnages n’étaient pas lisses, ils avaient par certains aspects les deux faces de Janus, la gloire et la lose. Et c’est pour cela que nous les avons tant aimés. Ils nous ressemblaient bien plus qu’un Dieu du stade inaccessible et infaillible. Exemples à suivre, en positif et en négatif, des contre-exemples bien utiles parfois.

Chapeau bas les artistes, merci pour ces fulgurances, ces gestes sportives et ces leçons de vie.

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