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Le football est un jeu qui se joue à 11 et à la fin c'est le marché qui gagne

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euro, uefa, profit, france, politique, mafia62 % des Français sont pris en otage. Pas dans les transports, ni les stations-services. Depuis quelques semaines, ceux qui se foutent de l’Euro, mais pas forcément du foot, ne peuvent plus faire un pas dans la rue, allumer la radio, ou même faire leurs courses sans qu’une allusion à l’euro de football 2016 ne viennent leur sauter à la figure. À vous en faire détester le football, le sport et les célébrations collectives joyeuses. Mais la machine à cash de l’UEFA est en route. Il faut rentabiliser les sommes monstres en jeu, que des multinationales sans liens avec le sport, et des chaines de télévision toujours avides de recettes publicitaires, qu’elles espèrent récupérer en achetant à prix d’or des droits TV, ont mises sur la table pour accoler à leurs noms le logo de ce qui, au final, ne constitue qu’un tournoi de football amélioré, comme il en existe des milliers d’autres dans le monde.

Dans une économie néo-libérale, la nationalisation de l'événement est capitale pour être certain que la privatisation des profits jouera à plein. Le tapis rouge est déroulé : exonérations fiscales, réhabilitations publiques de stades, d’infrastructures de transports et d’accueil, maintien de l’état d’urgence, répression du mouvement social pour que celui-ci s’essouffle. Nous reprochons souvent l’inaction des gouvernants, la preuve en est que c’est une accusation parfois injuste. Même si l’on peut relever quelques contradictions dans le discours : quand 62 % des français soutiennent le mouvement social contre l’adoption de la loi El Khomri, le gouvernant précise que le pays est pris en otage par une minorité et quand à peine 38 % des français se préoccupent de l’Euro de football, le gouvernant pense que le pays entier communie et s’extasie devant 11 joueurs en short, pour tenter de se refaire la cerise en matière de popularité en berne. Le politique a parfois du mal avec les statistiques, une forme de dyslexie mathématique qui n’est pas sans inquiéter.  Morale de l’histoire, la France ne va pas forcément mieux, mais l’UEFA et quelques groupes se portent comme des charmes.

La beauté du sport, ce serait que l’UEFA prenne le risque de la réalisation et de l’exploitation de l’événement en le privatisant totalement. Ainsi ne paierait que ceux qui voudraient voir des matchs. Compétition déjà hors-sol, elle pourrait se tenir de façon permanente et définitive à Monaco (et au Panama pour le mondial). Le rapatriement et la défiscalisation serait immédiate pour l’UEFA. Et aller faire ses courses sans voir une seule image d’un joueur de foot multimillionnaire reposant pour le consommateur. Pendant ce temps, les États pourraient investir les sommes consacrées aux exploits des dieux du stade à des fins plus triviales comme par exemple servir les besoins de leurs populations. Équipements de sport de proximité, éducateurs sportifs dans les quartiers. Faire du sport ce qu’il a de meilleur, une école de la vie. Autrement dit l’inutilité qui fait le citoyen !

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