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  • Chronique d'un néo-breton,épisode 19 : que faire le weekend au bout du monde (et accessoirement en soirée, jours fériés et autres temps dits libres)?

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    Chronique, humour, néo-breton, fest noz, sport, alcoolisme loisirs, Si le néo-breton s’est mis au jardinage, il doit bien avouer que la corvée n’occupe guère, fort heureusement, l’intégralité de son temps libre. Il reste assez de place pour faire mille choses qui feront que l’être humain parviendra à finir lessivé et profitera allégrement de sa semaine de travail pour se retaper. A ce point, le chroniqueur arrête tout de suite les mauvaises langues qui imputeraient à la réputation partiellement fondée d’alcooliques invétérés que détiennent les bretons pour justifier cet état de délabrement post-weekend. Primo, le breton boit également en semaine, car la sagesse populaire le précise, l’alcool, c’est comme le formol, ça préserve les chairs, deuzio, la réputation est usurpée, le breton ne boit pas plus qu’un autre, la différence, c’est qu’il l’assume, nuance dont il peut être fier.

    Mais avouons-le sans détour, l’autochtone a le sens de la fête, chaque occasion est bonne pour se retrouver ensemble autour du collectif, de la musique, de la danse et bien entendu, une petite bolée de cidre. Du Fest-noz au Fest-deiz (sur lesquels nous reviendrons dans une prochaine chronique), du festival de l’élevage au festival des Vieilles Charrues, il n’y a pas un weekend, un pont, où la fête n’est pas à l’honneur dans un rayon de trente kilomètres. 

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  • Chronique d'un néo-breton, épisode 16 : premières retrouvailles de Paris...

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    Il ne faut pas croire que le néo-breton a rangé sa vie d’avant dans une boîte et qu’il voue aux gémonies Paris et l’Ile-de-France. Pour de nombreuses raisons qu’il n’y a pas lieu d’expliciter, n’étant pas le sujet central de cette chronique, autrement l’auteur l’aurait dénommé causalités d’un retour aux sources, votre serviteur est revenu et reviendra sur les traces de son expérience parisienne aussi surement que la crêpe au sucre doit comporter sa quantité de beurre réglementaire.

    Bref, les contingences de la vie le ramènent sur les bords de Seine, et c’est non sans une certaine appréhension que le voyage se déroule : saura t’il se mouvoir avec la même aisance qu’il avait acquise au cours des années dans le métropolitain ou se sera-t-il déjà transformé en un odieux touriste de province déclamant à qui veut bien l’entendre qu’il n’y a rien à faire, le parisien fait la gueule dans le métro, pour ne pas dire qu’il parait antipathique, avec une certaine constance, faut il lui reconnaître cette opiniâtreté, dont l’origine réside non pas dans une donnée culturelle qui viserait à le distinguer du reste de l’humanité mais bien dans un mode de vie qui ne prête pas à sourire. J’aimerais vous y voir serrés comme des sardines dans une boîte en fer où l’haleine de votre voisin tient largement la comparaison à vos propres aisselles.

    Mais là encore, l’auteur s’éloigne du sujet, pour ne pas entrer dans le vif de la chronique, qui pourrait froisser le parisien qu’il a été. En effet, à peine posé pied à terre, deux sensations étranges l’ont assaillit : les yeux qui piquent et le nez qui gratte de l’intérieur des narines… Le néo-breton a retrouvé…le Nuage, cette masse presque invisible à l’œil nu, que vous pouvez découvrir un jour de beau temps en grimpant sur le Sacré-Cœur et qui donne cette teinte sépia au ciel parisien. En effet, le nuage est composé d’infimes particules en suspension et permet à chaque inspiration d’avaler l’équivalent d’une bonne soirée de tabac lors d’une fête particulièrement animée. Mais l’autochtone est immunisé contre l’agression que constitue ce mélange d’oxydes divers et variés assaisonné de métaux lourds. Il a développé une pellicule de protection qui recouvre pupilles et alvéoles pulmonaires. Du moins est-ce l’explication que le chroniqueur propose à défaut d’avoir conduit une étude très sérieuse, pour ne pas dire aucune.

    Jamais dans feu son existence de parisien il n’avait éprouvé de gêne particulière, à l’exception d’une journée ou deux, lors des fameux pics de pollution. Aurait-il dès lors perdu ce bouclier des temps modernes : devant son début d’asthme et ses yeux pareils à un lapin atteint de myxomatose, il doit le reconnaître, les embruns finistériens l’ont ramené à sa condition de mortel provincial.

    Mais ce sont bien les cinq sens qui ont été bousculés, au propre comme au figuré, alors que le néo-breton quittait la gare Montparnasse pour rejoindre sa destination finale : la rue assourdissante autour de moi hurlait.

    La foule, les sirènes de police, les panneaux publicitaires électroniques et lumineux à vitesse de défilement supersonique… point de mouette, aucun écho de marées… La Cité dans ce qu’elle a de plus démesuré, plus haut, plus vite plus fort…

    Passé ce choc, le néo-breton se plonge dans la ville et la redécouvre, en suivant un programme plus ou moins établi selon qu’il est pris dans les contingences ou non (entendons par là qu’il a laissé sa petite famille en Bretagne).

    Et là, surprise, il peut en profiter. Il détient une arme qu’il n’avait pas auparavant : le temps. Les balades le long des quais, les musées, le théâtre s’ouvrent à lui. Ainsi Paris est moins faite pour ses habitants que pour ceux qui la visitent… Sans contrainte, la vie devient plus douce, forcément. Même le métro en devient agréable : en dehors des heures de pointe, les rames sont moins compactes, le trajet semble plus propice à la sérénité.

    Mais déjà l’heure du départ sonne, le séjour défile à toute vitesse selon l’axiome bien connu de plus tu veux faire de choses moins t’arrives à en réaliser d’autant que les horloges tournent plus vite quand tu prends du bon temps.

    Le néo-breton retourne dans sa nouvelle vie, réconcilié avec son ancienne. En arrivant à la gare, le silence, les mouettes, un fin crachin et un léger fumet de crêpes l’accueillent. Home Sweet Home, Degemer Mat. Sa vie est ici désormais, mais le chroniqueur le devine, Paris ne sera jamais très loin. Enfin presque, à 4h30 de train précisément : aucun risque de s’y rendre tous les quatre matins…

  • Chronique d'un néo-breton, épisode 13 : du pluralisme de la presse en terre bretonne...

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    Le néo-breton veut s’intégrer, comme il se doit, dans sa nouvelle terre d’adoption. Et ce chemin passe par l’information. Comprendre et être au courant sont les deux mamelles indispensables pour tenter de se fondre dans le costume de l’autochtone. Ce qui va faire plonger le chroniqueur dans la découverte ou plus précisément la redécouverte de ce trésor de la province, la presse quotidienne régionale, la PQR pour les intimes. Souvent moquée, à tort ou à raison par le parisien et le lecteur de la presse nationale, cette PQR constitue pourtant le point névralgique de la société locale. A la décharge des pourfendeurs de la presse de proximité, le premier contact avec un tel canard ne manque pas de déconcerter le lecteur.

     

    La première page présente un mélange improbable entre "une" sur la dernière catastrophe nationale ou mondiale, annonce d’un reportage sur la foire aux bestiaux du jour et publicité vantant les promos exceptionnelles de l’hyper du coin. La plongée dans les pages intérieures peut donner le tournis : de l’international, vous glissez à pas forcés dans le très très local en vous arrêtant successivement sur les pages France, Région, Département, Sous-Préfecture, Arrondissements, Cantons, Communes et pour finir sur l’actualité croustillante du bourg. Sans oublier les annonces nécrologiques, sur lesquelles se jettent allégrement certains pour ne pas louper l’enterrement du jour.

     

    De la crise économique au compte-rendu de la dernière assemblée générale du club des brodeuses, le panorama de l’information ne saurait être plus complet. L’œil snob y verra un monument kitsch, de méchantes langues diront que le plouc prend ses quartiers dans ces pages mais le regard attentif, et bienveillant, apercevra, pour sa part, un échange social permanent. Du menu des enfants à la cantine à l’annonce de la petite brocante du club de bridge, le lien social se construit derrière toutes ces lignes. Le romancier trouvera lui la matière première d’histoires invraisemblables : les comptes-rendus d’audience des tribunaux du coin constituent une mine d’or qui fait dire que la réalité dépasse presque toujours la fiction. Tous les moindres petits faits se trouvent consignés et diffusés dans ces chroniques quotidiennes que constituent les pages locales. Les groupes d’influence, les partis politiques, tout le monde sait comment utiliser au mieux cette tribune si efficace.

     

    Spécificité bretonne, la page économique comporte le cours des marchés agricoles (du coco de Paimpol au prix du veau en passant par le cours du porc) et le retour au port, et donc à la criée, des marins-pêcheurs. Autre particularité de la presse atlantique, les horaires et coefficients de marée, que l’on apprend rapidement à consulter.

     

    Devant cette richesse journalistique, le néo-breton va se trouver face à un choix cornélien : il n’y a pas un titre de PQR dans sa ville, mais bien deux : Ouest-France ou le Télégramme. La compétition va être rude pour départager les deux canards, dont l’auteur n’a pas saisi les subtilités dans une version informative du jeu des sept erreurs, de prime abord s’entend. Mais la lecture attentive des articles, et plus surement des éditoriaux, donne quelques clés de compréhension. Et en Bretagne, terre des pardons, la religion est une ligne de fracture qui se ressent autant que d’autres plus modernes. Ainsi Ouest-France penche du côté du goupillon alors que le Télégramme porte une tradition laïcarde héritée d’un radicalisme à la mode chouchen. Ouest-France tirerait à tribord et le Télégramme à bâbord. C’est plus ou moins vrai, mais les lignes sont parfois troubles : le fond démocrate-chrétien de l’un peut l’amener à prendre des positions fortes pour les droits de la personne humaine alors que le côté populaire de l’autre peut le faire glisser dans le sensationnalisme, à la frontière du populisme.

     

    Mais une chose est réelle, les deux titres se livrent une guerre des rédactions pour être le premier et le meilleur sur l’actualité locale et à ce titre, le grand gagnant est le lecteur : rien n’échappe à l’œil des journalistes, qui sont largement sollicités par qui veut faire du buzz.

     

    Mais me direz-vous, comment choisir : c’est simple, lisez les deux, arrangez vous avec un voisin, chacun s’abonne à un titre et le tour est joué. Vous pouvez également opter pour le café au comptoir, vous aurez les deux pour le prix d’un.

    Et là, c’est sur, impossible de rater le prochain championnat du monde du cracher de bigorneau. Ce qui serait vraiment moche…