Les loups sont une nouvelle fois entrés dans Paris. Les attentats du 13 novembre, inédits par leur ampleur et par leurs méthodes, vont nous conduire à des réflexions et des actions difficiles, contradictoires, sinueuses. Depuis vendredi, le questionnement est là, après la stupéfaction. Que vais-je faire, qu’allons-nous faire ?
Le piège tendu par les terroristes est simple, grossier, sanglant mais efficace : tenter d’instaurer la peur, la haine, au cœur de nos vies. C’est tout un chacun qui est visé. N’importe où, n’importe quand, pendant des instants de bonheur : un match de foot, un concert, un vendredi soir au restaurant. Les cibles sont moins arbitraires qu’on ne le pense, elles disent tout du projet totalitaire des intégristes religieux de Daesh, réfuter toute idée, toute action, toute vie, différentes à leur précepte. La meilleure réponse à apporter c’est vivre. Écouter de la musique, créer, boire à une terrasse, aimer, rire, sourire, être ensemble, en un mot se vautrer un peu plus dans la culture, le plaisir et l’ouverture sur l’autre! Car céder à la peur, à laquelle les terroristes et leurs commanditaires souhaitent nous conduire, ce serait offrir une victoire sur un plateau à Daesh et aux intégrismes de tous poils. Il n’y a pas d’irresponsabilité à lever la tête et regarder la bête dans les yeux. Elle est ailleurs, l’irresponsabilité, comme nous le verrons plus loin.
Il y a plusieurs manières d’aborder un problème. On peut le nier, le mettre sous le boisseau, l’affronter directement ou encore faire un entrechat pour mieux revenir dessus. Dans notre société actuelle de la surinformation, nous avons un problème, un gros problème avec…l’information. Il y a quelques années, un journal, calque du news of the world anglo saxon, faisait de la désinformation et du faux son fonds de commerce. Il a disparu mais dans l’univers du web, la philosophie de la désinformation et de la propagande vit paisiblement, en prenant les traits de l’information pour mieux manipuler les masses et les individus. On trouve de tout : photomontages, propagations de fausses nouvelles, théories du complot…à la qualité variable sur la forme et à vomir sur le fond. De la fachosphère en passant par les illuminés de tous bords, le résultat est désastreux, le net est devenu un terrain de guerre, idéologique et culturelle.
Un créancier qui voudrait ne pas perdre tout ce qu’il a prêté ne cherchera pas à saigner son débiteur jusqu’à ce que mort s'en suive. D’une, il fait toujours payer le risque qu’il prend dans le calcul des intérêts qu’il exige de son débiteur. De deux, en prêtant, il accepte de prendre une part du risque. De trois, il vaut mieux qu’il perde le moins possible.