La montée inexorable de forces conservatrices, pour certaines populistes, sans parler du renouveau du fait religieux, produit un monde bien sombre, comme si l’humanité, pour répondre aux crises actuelles n’avait comme chemin qu’une forme de retour en arrière, syncrétisme de l’irrationnel et du bouc émissaire, incapables de réagir ou pire, en réagissant au travers d’une thérapie de la terre brûlée. Certains y voient une irrationalité et une profonde stupidité des masses mais une telle analyse n’est-elle pas aussi imbécile que la description sans nuances qu’elle fait de ceux qui cèdent aux sirènes du populisme fascisant ?
Trump est devenu le 45ème président élu des Etats-Unis, scénario que même Hollywood n’a jamais anticipé en dehors de film ou dessin animé à caractère humoristique : où comment un humanoïde à peau orange, mis en faillite pas moins de six fois, mais ayant réussi à s’en sortir par ses relations, ses obligés et un énorme bagout, pouvait devenir le chef de l’État de la première puissance mondiale. Ne nous y trompons pas, Donald Trump est dangereux, le vice-président élu est un conservateur de la pire espèce et l’administration qui se va se mettre en place va plonger un peu plus les Etats-Unis et le monde entier dans la crise. Avec une explication rapidement avancée à ce désastre : les électeurs se sont trompés. Argument répété en boucle ces dernières années quand les pronostics souhaités ne se réalisent pas. La réalité n’étant pas conforme à ce qui été annoncée, elle ne peut qu’être fausse, CQFD, le métier d’analyste politique est devenu aussi scientifique qu’une voyante dans une fête foraine de quartier.
Un petit tour en Italie, un passage sur le Forum et c’est un retour direct sur l’histoire tumultueuse de Rome. L’histoire politique de la République, de l’Empire, de l’Église. Les luttes d’influence, les coups fourrés, les faux sauveurs et les vrais salauds, une histoire vieille comme les pierres et pourtant si contemporaine. Le caractère immuable de cette histoire semble s’être transmis jusqu’à nos jours. L’arène politique est aussi animée et parfois mal intentionnée qu’à l’époque romaine, la conquête du pouvoir comme moteur, la recherche de l’incarnation de l’électorat comme prétexte.
Il y a des sujets légers et d’autres plus sérieux. Parmi ces derniers, il en est un que l’on néglige, vu son caractère merdique. Au fil de ses lectures, l’auteur de ces lignes est tombé sur un ouvrage* qui lui a pourtant rappelé un fait incontestable, nous sommes dans un monde de merde, au sens littéral du terme, et c’est une préoccupation qu’il faudrait bien plus mettre en avant. L’Homme est une usine à déchets qui asphyxie le monde qui l’entoure, par ses sphincters, ceux des animaux qu’il élève en nombre et par son mode de vie et de consommation.
La tendance de la rentrée, au-delà des marronniers sur l’école et la reprise du travail, et par-delà même les commentaires que peuvent inspirer des pièces de tissus et leur interdiction, est de déclarer sa candidature à l’élection présidentielle. Marasme ambiant oblige, tout le monde pense être la solution aux problèmes de notre temps, sans se rendre compte que beaucoup n’en sont que la source.
La fin de l’été qui approche et la baisse des températures devraient normalement ramener à la raison les uns et les autres dans le débat sur la tenue qui a fait le buzz de l’été, le burkini. Au demeurant, d’ici quelques semaines, il sera difficile de distinguer un burkini d’une couche de vêtements d’automne, et sur les plages bretonnes, le burkini est depuis longtemps à la mode, il est même nécessaire pour surfer, et même seulement nager, les hommes eux-mêmes l’arborant fièrement. Mais la fin de l’été annonce plutôt ce que la Maison Stark a pris comme devise, Winter is coming, le pape François nous ayant prédit la poursuite des ravages du terrorisme de l’argent, que l’on retrouve parfois (et même souvent) caché derrière le masque de la religion.