Pour peu que le temps soit clément, homo sapiens retrouve un instinct de saurien et n’aime rien tant que de lézarder, si possible en bonne compagnie. Loin de l’image qui voudrait qu’une vie réussie soit la somme des biens que l’on possède, l’aspiration de la majorité des personnes est de pouvoir profiter d’un repos champêtre, la chaleur des rayons du soleil rafraichie par une petite bise bienvenue.
Au quotidien aussi, la démonstration est faite que ce n’est pas dans le seul consumérisme, crédo des temps modernes, pas plus que dans un carriérisme fait religion, que l’individu se réalise.
Une soirée électorale a ceci d’intéressant qu’elle ressemble à une expérience en espace réduit du champ politique contemporain.
Dans une vie, il y a des étapes à franchir. Certaines sont liées à une date, un événement. Elles sont faciles à identifier : premier poil pubien, majorité, permis, premier boulot, première fois, etc… Mais il y a aussi des évolutions mystérieuses, dont on ne saurait donner une date précise d’apparition et pourtant le changement est là, sous nos yeux. Il suffit de regarder dans la rue, mieux, dans une pharmacie, un jour de semaine. C’est la rencontre du 3
le vieux continent s’est mis à la page, tournant sa propre version du dernier car(l)ton du cinéma. Mais « 50 nuances de Grèce » reste un film profondément européen. Loin du glamour hollywoodien, c’est un apprentissage façon le jeune Werther. L’apprentissage difficile pour notre héroïne, Angela, qu’une autre économie est possible. Elle qui aime la punition, l’économie auto flagellatrice, pourrait découvrir de nouveaux horizons, avec Alexis, le bellâtre grec, son côté populaire, son hédonisme raisonné,
Passées la tragédie, l’émotion, et avant que les vautours ne récupèrent les évènements pour cristalliser les peurs et faire l’union des uns contre les autres (ce qu’ils font déjà allégrement), il faut comprendre pour apporter une ou des réponses, pour que l’horreur ne se reproduise pas, pour que le pays ne se replie pas sur lui-même.